Déclaration de Bilbao du 8 février : le texte complet

Déclaration de Bilbao du 8 février : le texte complet

EUROPE debout !

Pour la première fois dans son histoire, l’Union européenne, ce projet unique dans l’histoire de notre continent, peut se déliter, se défaire et même cesser d’exister. Sous l’effet conjugué des bouleversements provoqués par une mondialisation mal régulée, par les lourdes conséquences économiques et sociales de la crise financière, par l’impact d’une révolution technologique sans précédent, par la gestion chaotique des flux migratoires, des forces politiques ou extrémistes ont entrepris d’exploiter les inquiétudes et les peurs de citoyens inquiets et désorientés.

L’Europe a besoin d’une rupture, d’une refondation démocratique profonde. Les peuples ont été exclus du dessein et du destin européen. L’Europe ne se fera pas sans les peuples.

Nous, Démocrates européens, sommes déterminés à stopper le glissement de nos pays.

Les partis qui ont dominé la scène européenne durant les dernières décennies ne sont plus en état aujourd’hui de ranimer le formidable élan européen que les pères fondateurs avaient réussi à susciter.

Ils sont fatigués et ils ont déçu : l’écart entre les citoyens et les institutions européennes n’a cessé de se creuser, et les politiques européennes sont trop souvent insuffisantes ou incomplètes.

C’est l’heure pour les Démocrates de prendre la relève. C’est à nous que revient l’ardente obligation de faire partager par les citoyens le rêve européen qui nous habite. Nous qui sommes porteurs des valeurs de respect de la dignité humaine, de l’État de droit, de la liberté, de l’égalité, de la solidarité et de la responsabilité.

Ces valeurs s’incarnent dans nos sociétés au travers du pluralisme, de la non-discrimination, de la tolérance, du respect des minorités nationales et linguistiques , de l’égalité entre hommes et femmes, et de l’investissement dans la jeunesse et l’éducation.

Le Parti Démocrate européen veut et doit être inspirateur d’une nouvelle constellation politique dont l’objectif est de remettre l’Europe en marche.

Les chantiers ne manquent pas.

Les politiques européennes dans le domaine de la lutte contre le changement climatique sont parmi les plus ambitieuses du monde. Mais alors que les États-Unis se sont détournés des accords de Paris, l’Europe doit aller encore plus loin grâce à un plan ambitieux de transition vers une économie verte financé par de nouvelles ressources propres et créatrice de millions d’emplois.

Nous avons créé une monnaie unique mais elle n’a toujours pas de de pilote politique. Ni les instruments ni les moyens budgétaires n’existent qui permettraient aux États de la zone euro de coordonner leurs politiques économiques et de bénéficier de la solidarité de leurs partenaires en cas de chocs asymétriques.

Nous avons créé une union économique et monétaire mais nous laissons les États membres se livrer une concurrence féroce en matière fiscale, en particulier en ce qui concerne l’impôt sur les sociétés.

Nous proclamons notre détermination à protéger l’Union des excès de la mondialisation mais nous laissons nos principaux concurrents extérieurs prendre le contrôle d’entreprises ou d’infrastructures stratégiques et nous ne favorisons pas l’apparition de géants industriels européens capables de tenir tête aux géants des concurrents.

Les grandes multinationales de l’Internet réalisent des profits considérables en commercialisant les données des citoyens européens mais nous les taxons moins que nos PME européennes.

Nous avons mis en scène il y a peu, l’adoption du socle européen des droits sociaux, mais nous n’avons toujours pas d’instruments efficaces contre le dumping social et de feuille de route pour encourager la convergence sociale , élément central pour solidifier la cohésion sociale et territoriale européenne.

Nous avons formellement établi une frontière commune mais nous ne la gardons pas en commun et nous laissons les États membres du sud contrôler quasi seuls des dizaines de milliers de kilomètres de frontières maritimes et nous n’avons toujours pas de règles communes en matière d’asile.

Nous faisons pression sur les États africains d’origine ou de transit des migrants pour qu’ils limitent les départs de leurs ressortissants vers l’Europe, mais nous n’avons toujours pas mis en place avec eux le plan Marshall dont l’Afrique a besoin pour assurer le développement d’un continent en pleine croissance démographique.

Nous dépensons plus d’argent que la Russie si on additionne les budgets consacrés par les pays de l’Union à leur défense, mais nous ne sommes pas capables de projeter des forces européennes sur les théâtres d’opérations extérieures si cela s’avérait nécessaire ni de dissuader la Russie d’amplifier sa politique aventureuse et belliqueuse à l’égard de ses voisins européens.

Le défi est de taille, l’urgence est là.

Le PDE relève ce défi.

Pour nous, c’est l’heure de refonder l’Europe.

À propos de l’auteur

Frédéric Petit - Député des français établis à l'étranger administrator

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