Communiqué de presse : Adhésion de l’Albanie et la Macédoine à l’UE : arrêtons l’hypocrisie !

Communiqué de presse : Adhésion de l’Albanie et la Macédoine à l’UE : arrêtons l’hypocrisie !

Adhésion de l’Albanie et la Macédoine du Nord à l’UE :

arrêtons l’hypocrisie !

Les 17 et 18 octobre derniers, le Conseil européen a préféré reporter à une date ultérieure l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne de l’Albanie et de la Macédoine du Nord, notamment en raison du manque de progrès dans la consolidation de l’Etat de droit et dans le respect des critères de pré-adhésion. Cette décision, ou plutôt cette non-décision, déterminée par la position de la France et des Pays-Bas, a créé un certain trouble chez nos partenaires des Balkans occidentaux, qui ont pu le vivre comme un affront injustifié.

Pourtant, ceux de nos partenaires européens qui entretiennent la déception des pays concernés et critiquent la position française ne sont pas toujours les plus conséquents ni les plus cohérents dans leurs choix. Ce sont souvent les mêmes, en effet, qui trainent les pieds pour réformer l’Union européenne, empêchent toute augmentation du budget commun, rechignent à régler la question épineuse du fonctionnement et des modes de décision et ralentissent les efforts menés dans le domaine de la défense européenne. Comment dès lors, se poser en ardent partisan de l’élargissement lorsqu’on s’oppose à toute réforme interne qui serait rendue nécessaire par un tel élargissement ?

L’Europe a besoin de logique opérationnelle et de responsabilité dans les prises de décision, au risque d’opérer un élargissement flasque qui n’arrangerait que ceux qui veulent affaiblir l’Union. D’ailleurs, le soi-disant « véto français » n’en est pas un, loin s’en faut. Le compte rendu du Conseil européen est explicite : le sujet sera abordé avant le sommet des Balkans en mai prochain.

La position française n’est pas une surprise, encore moins un « coup-fourré ». Elle était annoncée très clairement depuis le report de 2018, et prioritairement aux intéressés : quelques points précis devaient être réglés avant d’ouvrir les négociations d’adhésion. La France, déjà très impliquée dans ces pays, prend très au sérieux les candidatures de l’Albanie et de la Macédoine du Nord.

Deux éléments doivent être pris en compte car ils sont fondamentaux pour aborder cette question de l’élargissement de l’UE aux Balkans. D’une part, cette région est importante pour l’Europe, pour l’idée européenne même, à savoir qu’on peut construire le développement et garantir la paix, même sur des territoires en guerres ‘héréditaires’. Le parallèle entre les relations franco-allemandes aux siècles précédents et les relations entre les peuples des Balkans, de ce point de vue, est éclairant.

D’autre part, cette vision de l’avenir traverse déjà la frontière de l’Union européenne car un projet stable dans les Balkans ne sera viable que lorsqu’il sera porté par l’ensemble de pays de l’Europe du Sud-Est, et non pas dans un antagonisme entre ceux ‘qui n’y sont pas encore’ et ceux qui sont ‘déjà membres’ de l’UE.

Contact presse : Nadia Salem – presse@fredericpetit.eu – 06 63 62 81 45.

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Frédéric Petit - Député des français établis à l'étranger administrator

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Marc MorellPublié le11:01 - Déc 3, 2019

Ouverture des négociations avec l’Albanie et la Macédoine

Arrêtons l’hypocrisie !

Certes, arrêtons l’hypocrisie… celle de la position de la France qui est déraisonnable, injuste et aventureuse et qui n’est justifiée que par son alignement sur l’opinion publique française et par ses différents avec l’Allemagne sur des questions de fonctionnement internes à l’UE.

Mais de quoi parle-t-on exactement ?

La géographie

Il convient de rappeler à la plupart de nos concitoyens qui n’ont qu’une perception pour le moins incertaine de l’Albanie et de la Macédoine, que ces deux petits pays ne sont pas périphériques à notre espace mais qu’ils sont géographiquement au sein de notre Europe appartenant au groupe dit des Balkans occidentaux ou de l’Europe du Sud-Est. Les Balkans occidentaux comprennent la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie, le Kosovo, la Macédoine (dite du Nord), le Monténégro, et la Serbie, ce qui correspond aux pays de l’ancienne Yougoslavie généralement sans la Slovénie, mais avec l’Albanie. .

L’élargissement

Si la Croatie a été intégrée en 2014, la Slovénie l’était dès 2004. C’est d’ailleurs cette année-là que la plupart des pays d’Europe de l’Est a été intégrée à l’UE avec Chypre et Malte ; puis ont suivi la Roumanie et la Bulgarie en 2007. Au final, l’élargissement entre 2004 et 2014 de ces 13 pays concerne 100 millions d’habitants et un PIB de 1500 milliards d’euros.

Reste l’élargissement en perspective aux 6 pays des Balkans occidentaux qui sont la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. Géographiquement ces pays sont une enclave au sein de l’UE, encadrés par la Croatie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Grèce. Ils représentent un total de 18 millions d’habitants pour un PIB total de 100 milliards d’euros. L’Albanie et la Macédoine, ici à l’ordre du jour, ne représentent ensemble que 5 millions d’habitants soit 1/100ième de la population de l’UE et un PIB de seulement 25 M€, soit le 1/650ième du PIB de l’UE ! La nécessité d’intégration de l’ensemble de ces pays a été maintes fois renouvelée par l’UE. Oui, la position de la France est déraisonnable.

Où en sont les négociations d’adhésion ?

En fait, nous ne nous parlons aujourd’hui que de l’ouverture de négociations avec l’Albanie et la Macédoine. Car combien de français savent que les négociations ont déjà été ouvertes en 2012 pour le Monténégro candidat depuis 2010 et en 2013 pour la Serbie candidate depuis 2012. Alors comment expliquer raisonnablement aux albanais dont le pays est candidat depuis 2014 et notamment aux macédoniens dont le pays est candidat depuis 2005 qu’ils doivent encore patienter pour la seule mise en route d’un processus nécessairement échelonné sur plusieurs années ?

Le cas de la Macédoine est emblématique. Tous les observateurs reconnaissent que sans le véto de la Grèce – sur la question du nom – les négociations auraient été ouvertes depuis bien longtemps avec la Macédoine qui a reçu depuis 2009 à neuf reprises un avis favorable de la Commission. Oui, la position de la France est injuste.

Qu’adviendra-t-il si l’horizon s’obsurcit ?

Alors que la Grèce s’est prononcée favorablement quant à l’ouverture des négociations avec la Macédoine (dite du Nord), est-ce maintenant à notre pays de renvoyer une décision favorable aux Calendes Françaises ? Si un signal fort n’était donné en mai 2020 à l’Albanie et à la Macédoine pour l’ouverture des négociations et, à la Serbie et au Monténégro pour leur intégration sous conditions, c’est toute une région au sein de l’UE qui pourrait être, au mieux soumise aux influences étrangères (Russie, Turquie, Chine) et au pire déstabilisée par des tensions internes. Oui, la position de la France est aventureuse.

Pour toutes ces différentes raisons, nos autorités seraient bien inspirées, après avoir proposé tardivement un non-paper qui n’ajoute qu’à la confusion, de trouver avec nos partenaires européens une voie de sortie qui rétablirait la confiance des populations d’Albanie et de Macédoine, accessoirement sans froisser notre opinion publique qui a d’autres sujets de préoccupation plus prégnants et plus immédiats.

Marc Morell

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