Archives de catégorie Diaporama de tête

Centenaire de l’armistice : mon discours à Vienne

« Je représente au parlement français les plus de cent mille citoyens français installés en Autriche, en Allemagne, en Pologne, en Europe Centrale et dans les Balkans.

Ma circonscription, au cœur de l’Europe, a été marquée par la Grande Guerre, dans tous ces pays : ici, en Autriche, en Hongrie, en Allemagne, en Pologne, de l’Albanie à la Roumaine en passant par la Bulgarie…

Ma participation à cette commémoration et cette cérémonie commune entre Français et Allemands est pour moi donc d’abord extrêmement émouvante, mais également symbolique : il était pour moi important que les Français de tous ces pays y soient représentés.

Comme cela a été rappelé, nous célébrons aujourd’hui un deuil, la sortie de la guerre, et nous honorons nos soldats. Je voudrais revenir en détail sur ces trois célébrations.

D’abord le deuil pour tous les soldats de toutes les guerres. Je voudrais rappeler que pour ce centenaire, mon pays, la France, a décidé de célébrer et de commémorer la totalité du conflit, depuis Sarajevo en 2014, avec plus d’un millier de cérémonies dans toutes l’Europe pendant quatre ans, en Alsace, en Allemagne et en Autriche, mais aussi en Macédoine, en Roumanie, en République Tchèque et en Slovaquie : les événements qui se sont déroulés entre 1914 et 1918, de tous les pays, ont tous été commémorés.

Je veux indiquer par-là que ce centenaire, pour la France, a plus été placé sous le signe de la commémoration de l’ensemble de la tragédie commune, d’une forme de deuil, que sous le signe d’une victoire.

L’honneur à nos soldats, ensuite. Tous nos soldats. Ces trois mots portent chacun une idée forte. D’abord ‘tous’ : les Allemands et les Français, les Autrichiens sus trois fronts, mais aussi des Serbes, des Tchèques, des Polonais, des Roumains, des Albanais, des Grecs, … Certains de la même nation se battant parfois des deux côtés du front. C’est bien TOUS nos soldats que nous honorons aujourd’hui. Ensuite ‘nos’ : j’ose le dire, et sans cela les cérémonies de ce centenaire n’auraient aucun sens en Europe, tous ces soldats morts dans une tragédie commune, peuvent être portés aujourd’hui en Europe par un honneur commun. Enfin, ce sont des ‘soldats’ :  un métier en pleine évolution, dans le monde et en Europe, mais qui doit rester le métier du courage et du dévouement à la défense et à la protection de nos sociétés, ne les oublions jamais. Comme l’a dit M. l’ambassadeur, derrière chaque croix il y a une tragédie personnelle et familiale.

Enfin la sortie de la Guerre. Cette date du 11 novembre marque plus pour moi le ‘début de la sortie de guerre’ que la fin. On s’est battu jusqu’en 1923 sur le front de l’Est, le miracle sur la Vistule a lieu en 1920, les Albanais et les Grecs sont même en conflit armé jusqu’en 1925 …

Les Français que je représente aujourd’hui, installés en Europe parfois depuis plusieurs générations, souvent binationaux, portent les contradictions de nos récits historiques divergents, parfois dans l’intimité de leur famille.

Ils sont contraints à l’Unité dans la Diversité, cette devise de l’Europe que l’on peut appliquer également au travail d’histoire et de mémoire. N’ayons pas peur d’aborder cette diversité, même parfois dans ce qu’elle a pu avoir, ou dans ce qu’elle a encore de douloureux.

Nous commémorons aujourd’hui une histoire commune, et nous honorons tous nos soldats. »

Elections européennes : comment voter ?

Du 23 au 26 mai 2019 auront lieu les élections européennes.

Voici les informations à retenir pour les français établis à l’étranger concernant ce vote :  

 

Pour voter, un non-résident peut voter dans le pays dans lequel il se trouve (1) ou bien en France (2). Dans les deux cas, il vote soit en se déplaçant physiquement au bureau de vote ouvert au consulat ou à l’ambassade (en se munissant du justificatif d’identité nécessaire), soit par procuration.

Pour voter à l’étranger

A-La possibilité de voter pour une liste française

Préalable obligatoire : être inscrit sur la liste électorale consulaire

Si vous êtes inscrit au registre des Français établis hors de France, vous êtes automatiquement inscrit sur la liste électorale consulaire, sauf si vous vous y êtes explicitement opposé. L’inscription sur le registre des Français établis hors de France s’effectue en ligne ou sur place (au consulat ou à l’ambassade).

Pour s’inscrire en ligne : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33307

Dans les deux cas, munissez-vous des éléments suivants :

. Votre carte d’identité ou votre passeport français en cours de validité ou périmé depuis moins de deux ans ;

. Un justificatif de résidence dans la circonscription consulaire ;

. Une photo d’identité.

B-La possibilité de voter pour une liste du pays de résidence

L’article 22, 2. du Traité sur le fonctionnement de l’UE énonce que tout citoyen de l’Union résidant dans un Etat membre dont il n’est pas ressortissant a le droit de vote dans l’Etat membre où il réside, dans les mêmes conditions que les ressortissants de cet Etat.

. Autrement dit, un français résidant, par exemple, en Pologne, peut voter dans les mêmes conditions qu’un polonais, c’est-à-dire pour élire les représentants polonais au Parlement européen.

. Cependant, il est précisé que ce droit s’exerce sous réserve des conditions fixées pour chaque Etat.

. Il y a donc lieu de se renseigner auprès des autorités compétentes de chaque Etat :

. Certains pays (Allemagne, Estonie, Finlande, France, Pologne, Roumanie, Slovénie) exigent que l’électeur ait établi son domicile ou sa résidence habituelle sur le territoire électoral.

. D’autres exigent que l’électeur y séjourne de manière habituelle (Chypre, Danemark, Grèce, Irlande, Luxembourg, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède).

. D’autres encore que l’électeur figure au registre de la population (République Tchèque).

Certains Etats, parmi ceux visés précédemment, exigent également que l’électeur souhaitant voter dans les mêmes conditions qu’un ressortissant justifie d’une durée minimale de résidence.

Ainsi, lorsque vous résidez à l’étranger, vous pouvez voter soit pour les candidats français au Parlement européen, soit pour les candidats du pays dans lequel vous résidez.

 

Pour voter en France

Préalable obligatoire : être inscrit uniquement sur une liste électorale en France.

Si vous êtes inscrit sur une liste consulaire, vous ne pouvez pas voter en France pour les élections européennes.

A défaut :

. Si vous avez en France un domicile, une résidence ou si vous êtes assujetti aux impôts locaux depuis plus de 5 ans, vous pouvez vous inscrire sur la liste électorale de cette commune.

. Si vous êtes inscrit au registre des français établis hors de France, vous pouvez également vous inscrire sur la liste électorale de l’une des communes suivantes :

  • Votre commune de naissance ou celle d’un ascendant ;
  • La commune du dernier domicile ou de la dernière résidence, à condition d’y avoir résidé au moins 6 mois ;
  • La commune d’inscription de l’époux (se) ou d’un parent (jusqu’au 4e degré).

Séminaires citoyens : la deuxième année est lancée !

Après le succès des neuf séminaires citoyens sur le budget entre 2017 et 2018 pour mieux découvrir le fonctionnement du budget de l’Etat et débattre avec les citoyens (revoir le séminaire de Munich ici), c’est une nouvelle saisons de séminaires qui débutera jeudi 15 novembre à Mannheim à 18h30.

Pour cette seconde année, le thème sera cette fois-ci celui de l’Europe, à l’approche des échéances européennes et alors que l’Europe est de plus en plus présente dans les débats publics.

Petite nouveauté, vous pourrez échanger avec deux parlementaires, puisque chaque séminaire proposera la participation d’un élus du pays dans lequel il aura lieu et qui accompagnera votre député Frédéric Petit.

Pour en savoir plus, découvrez notre page dédiée à ces séminaires.

Et pour vous inscrire à Mannheim, c’est ici : https://en.xing-events.com/FKDRUHR.html

Votre député


Je suis né en 1961, à Marseille.

J’ai grandi par la suite en Lorraine, où mon père est venu travailler dans la sidérurgie. Mon père était ingénieur, et ma mère professeur d’anglais.

Je suis rentré en mathématique supérieure après avoir passé un bac scientifique, mais, « en même temps », avec latin et grec. J’ai toujours eu du mal à rester sur des rails prédéfinis…

J’ai effectué un service national civil de 16 mois au Cameroun, et à mon retour, j’ai décidé de m’engager à temps plein dans un projet social dans la ZUP de Borny, à Metz. Notre équipe était éclectique, à l’image de ce que je revendique près de 40 ans plus tard en politique, puisque des gens aussi différents que le responsable de la cellule du PC, le curé de la paroisse, les assistantes sociales du département, des associations d’étrangers de bords politiques parfois opposés (29 nationalités, environ 20,000 habitants), avaient décidé de travailler formellement ensemble pour l’intérêt commun des habitants…

Cela a duré onze années passionnantes.

Je me suis marié à Agnieszka, de Cracovie, en 1990.

Pour la petite histoire, je suis allé demander sa main en septembre 1989 en vélo (depuis Metz), et j’ai donc franchi le rideau de fer juste avant qu’il ne tombe !

Puis j’ai dirigé le Centre Interculturel de Bévoye, toujours à Metz, expérience transfrontalière de rencontres de jeunes Européens dans l’Europe qui venait de s’ouvrir (Office franco-allemand pour la Jeunesse – OFAJ et CE).

En 1998, j’ai repris mes « rails » d’ingénieur, et j’ai rejoint la Compagnie Générale de Chauffe, l’ancêtre du groupe Veolia Energie, qui m’a offert l’opportunité de m’installer en Europe centrale (Lituanie puis Pologne) où il se développait à l’époque activement.

En 2005, j’ai pris la responsabilité d’Onyx Polska (Véolia Environnement). J’ai d’ailleurs à ce titre eu un rôle consultatif à la Sejm polonaise (le parlement), puisque j’avais été élu président du Syndicat des Employeurs des Déchets.

En 2009, je me suis lancé dans des activités d’expertises et de conseil en Europe. J’ai effectué des missions très diverses, du captage de méthane dans les vieilles mines du Donbass, à du conseil à un député européen Polonais pour la Cop 15, entre autres exemples…

Le groupe Consolis (ex Bonna Sabla) m’a proposé de partir en Egypte en 2010, au départ pour redynamiser sa filiale égyptienne, puis pour des objectifs rapidement moins ambitieux sur le plan économique après le Printemps Arabe. Ces cinq années et trois révolutions m’ont beaucoup appris sur moi-même, sur la responsabilité du chef d’entreprise en cas de crise en particulier. J’ai été nommé à cette époque pour la première fois Conseiller de Commerce Extérieur de la France par le Ministre des Affaires Etrangères. Je le suis d’ailleurs toujours aujourd’hui, à Varsovie, et au Bureau de la Commission Europe.

Je suis revenu en Pologne en 2015, avec le groupe Consolis pour une courte période, puis pour relancer mon activité de free lancer. Je me suis engagé en 2016 dans un projet de création d’une Entreprise d’Insertion dans les Quartiers Nord de Marseille (retour aux sources !), je suis devenu médiateur en France (Chambre Nationale des Praticiens de la Médiation) et depuis peu en Pologne également. Ces activités, qui étaient longues à mettre en place, m’ont permis d’ailleurs de m’organiser facilement pour me rendre disponible pendant la courte campagne de 2017.

Vous souhaitez en savoir plus ? Cliquez sur ce lien : http://frederic-petit.eu/index.php/votre-depute/mieux-me-connaitre/

Projet de loi de finances 2019 : suivez mon travail de rapporteur

L’AEFE, Campus France, Atout France, les Instituts français…ces opérateurs de l’Etat reçoivent leur subvention du programme 185 « Diplomatie culturelle et d’influence et francophonie », compris dans les crédits « Action extérieure de l’Etat ». Au sein de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale, je suis le rapporteur pour avis de ces crédits. L’an passé, j’avais déjà émis un rapport sur l’évolution de ces subventions, et cette année, la Commission a renouvelé sa confiance envers moi pour un second rapport, que vous pouvez découvrir ici.

Le 23 octobre, j’ai présenté mon rapport et participé au débat sur les crédits de ce programme :

Puis le 14 novembre, je suis venu présenter ces crédits en hémicycle :

Vous souhaitez en savoir plus sur ce qu’est un rapporteur budgétaire ? Que doit-il faire dans le processus du vote du budget de l’Etat ? Je vous propose de retrouver ci-dessous le programme préparé par mon équipe, mais aussi par la Commission des affaires étrangères, afin de me permettre de disposer du maximum d’information pour non seulement présenter les crédits du programme, mais aussi faire des propositions d’amendement et défendre leur vote en Commission et en Séance publique :

Une vision pour l’éducation du français à l’étranger

Ma vision 

Les constats que j’ai pu faire sur la situation actuelle, et les éléments d’une vision prospective que je présente ci-dessous, doivent être considérés comme un rapport d’étape qu’il me semble devoir à mes concitoyens. La réforme de l’AEFE et la relance du réseau est un processus de fond, qui va prendre quelques mois à construire, et quelques années à mettre en œuvre durablement. Il est donc important de répondre aux inquiétudes, non seulement sur le terrain, mais également par écrit et de façon structurée.

Ce travail s’inscrit pour moi dans les cadres suivants de mes fonctions de député :

  • Député des Français à l’étranger (Allemagne, Europe Centrale, Balkans). 29 écoles dans ma circonscription regroupant 14 000 élèves, dont 8 000 Français.
  • Membre de la commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, rapporteur du programme 185 (diplomatie d’influence) et du Contrat d’Objectifs et de Moyens de l’AEFE, membre du CA de Campus France.et d’Expertise France.
  • L’une de mes quatre priorités de mandat est l’éducation et la culture.

Visite de l’école française de Zagreb – janvier 2018

RAPPELS UTILES SUR LE RESEAU DES LYCEES FRANCAIS

L’AEFE a essentiellement trois missions statutaires : d’assurer, en faveur des enfants de nationalité française résidant à l’étranger, les missions de service public relatives à l’éducation ; de contribuer au renforcement des relations de coopération entre les systèmes éducatifs français et étrangers au bénéfice des élèves français et étrangers ; de contribuer, notamment par l’accueil d’élèves étrangers, au rayonnement de la langue et de la culture françaises.

Il y a trois sortes de ‘lycées français’ regroupés dans le réseau de l’AEFE : les lycées partenaires (la majorité : 274 sur 502), les lycées conventionnés (155 sur 502), et les lycées en gestion directe, qui sont comptablement et juridiquement consolidés dans l’AEFE (73 sur 502). Cette différenciation vaut que l’on s’y arrête.

  • Un lycée ‘partenaire’ est un lycée français, agréé par le Ministère de l’Education Nationale français, géré par un organisme de droit local du pays (école, association, fondation,…). Cette entité de droit local a été auditée par le ministère français, sur une liste de critères précis concernant les programmes, l’utilisation de la langue française, la structure de direction, l’implication des parents,…etc…, qui lui ont permis d’être en partie ou en totalité homologuée et intégrée au réseau AEFE. Cela signifie concrètement qu’un élève fréquentant cet établissement est considéré comme suivant le système scolaire français, qu’il pourra intégrer n’importe quelle autre école française (en France ou à l’étranger) au niveau où il se sera arrêté à son départ du pays, et surtout que la qualité de l’enseignement et de l’accompagnement des élèves est garantie par la France comme dans tout établissement de métropole. Cependant, ces lycées partenaires, pour des raisons historiques, juridiques, ou de choix autres, ont décidé de ne pas être conventionnés avec l’AEFE. Ils restent des entités libres, de droit local, financièrement indépendants, ils fixent leurs droits d’écolages, leurs inscriptions, leurs règles et leur actions pédagogiques, ils assurent en totalité la responsabilité du recrutement de l’ensemble de leur personnel, pour autant qu’ils respectent l’agrément qui leur permet d’être reconnu comme lycée français. Dans ma circonscription, c’est le cas par exemple des lycées de Sarajevo, de Tirana, de Varna, et de Skopje.
  • La deuxième catégorie est constituée par les lycées conventionnés. Ces établissements sont exactement dans le même cas que les lycées partenaires en ce qui concerne leur structure (droit local), leurs organes de direction, leur recrutement, les frais de scolarité, et l’agrément par le Ministère de l’Education Nationale pour être reconnus comme ‘lycées français’. La seule différence, c’est qu’ils ont signé, librement, en tant que personne morale locale, une convention avec l’AEFE, qui fixe de façon réciproque des droits et des devoirs des deux parties dans certains domaines, en particulier dans la possibilité d’intégrer à leurs équipes du personnel pédagogique ou du personnel de direction géré par l’AEFE, et de ne pas en supporter la totalité des coûts (pris en général en charge à hauteur d’un peu plus de 50% par l’AEFE). La mise à disposition partielle de ce personnel géré de façon centrale par l’AEFE au profit de ces établissements conventionnés s’accompagne également d’autres mesures pédagogiques et d’encadrement (le proviseur et le Directeur Administratif et Financier sont généralement nommés conventionnellement par l’AEFE). Ces établissements se voient donc facturés par l’AEFE, en plus du remboursement partiel du personnel mis à disposition par l’AEFE, d’une ‘remontée’ pour participer aux frais généraux du réseau, de l’ordre de 6% des recettes d’écolages (ponctuellement augmentée unilatéralement par l’AEFE à 9% récemment). Ces établissements représentent 15 des 29 établissements de ma circonscription. Ils assument l’ensemble de la gestion (recrutement des autres membres du personnels, locaux, fonctionnement, etc…), et sont juridiquement et financièrement indépendants.
  • La troisième catégorie, très minoritaire, est constituée par les Etablissements en Gestion Directe (EGD) par l’AEFE, c’est-à-dire intégrés comptablement et juridiquement à l’AEFE. Une quarantaine seulement d’établissements au monde (plus une trentaine au Maghreb pour des raisons historiques). Dans ma circonscription, en plus des 4 établissements ‘franco-allemands’ au sens du traité de l’Elysée de 1963, et qui sont donc gratuits pour les Allemands comme pour les Français, il s’agit uniquement des lycées de Berlin, Munich, Francfort, Vienne et Prague.

QUELQUES RAPPELS DES CHIFFRES ET MISE EN PERSPECTIVE

Le budget du réseau d’enseignement français à l’étranger est de l’ordre de 1,9 milliard d’euros : de l’ordre de 700 millions pour les 274 établissements appelés ‘partenaires’ (non subventionnés par l’Etat), de l’ordre de 700 millions pour les 155 établissements ‘conventionnés’ (gérés par des organismes tiers locaux et recevant un soutien de l’Agence), et de l’ordre de 500 millions pour l’Agence elle-même et la quarantaine d’établissements qu’elle gère directement.

L’AEFE reçoit une subvention de 400 millions d’euros, qui correspond donc à moins du quart du budget du réseau dans sa totalité, qui correspond donc à moins du tiers du budget du réseau si l’on en retire les établissements partenaires, et qui correspond donc à plus de 80 % du budget de l’Agence si l’on ne prend en compte que les établissements en gestion directe. Cette subvention est l’une des plus grosses dépenses de la mission « Action Extérieure de l’Etat », dont elle représente 14% des dépenses totales.

 

LES GRANDES RAISON D’Y CROIRE

  • Notre nation fait un effort unique au monde.
  • Les enseignants et le personnel d’encadrement : 6.000 personnes, de très grande qualité.
  • La volonté très claire de relancer un réel développement du réseau de la part de l’exécutif et du Président de la République, annoncé à Bucarest en août 2017, et réaffirmé le 20 mars dans son discours sur la francophonie et l’enseignement.
  • Les synergies encore peu utilisées entre les différentes missions de l’état, entre les différents états concernés, entre les états et les partenaires associatifs et/ou privés, et qui constituent de grandes opportunités pour le développement du réseau.

LES BLOCAGES ACTUELS

  • La méconnaissance du réseau, des statuts juridiques, des financements, des missions, par les différents acteurs concernés, parfois au sein des établissements. Des confusions qui créent des malentendus et des blocages inutiles. Lors de mes visites, il m’a semblé que le débat est parfois peu constructif, car mal informé.
  • Les irritants actuels :
    • Le montant de la subvention au réseau.
    • Le montant des droits d’écolages, le manque de visibilité sur leur évolution et l’exclusion de certaines familles qui ne peuvent pas prétendre aux bourses pour des raisons financières.
    • Les statuts des enseignants.
    • Les a priori concernant les différents modèles d’établissement, en particulier la ‘pensée unique’ Etablissement en Gestion Directe.

EN COMPARANT LES RAISONS D’Y CROIRE AUX BLOCAGES, JE RESTE RESOLUMENT OPTIMISTE ! 

QUELQUES PRINCIPES A PRIORI CONSENSUELS POUR AVANCER

  • Les enjeux de l’enseignement français à l’étranger dépassent largement ceux de la simple scolarisation des enfants français. Réduire l’enseignement français à l’étranger à cette seule mission serait non seulement irréaliste (seul un tiers des enfants scolarisés sont français), mais serait même contre-productif par rapport à l’esprit des Français en mobilité internationale aujourd’hui. De plus, d’autres outils répondent également à ce besoin pour les nombreux Français qui n’ont pas accès au réseau (CNED, enseignement bilingue…). Nous parlons bien de l’enseignement français, et EN français, dans le monde.
  • Les besoins et les demandes sont énormes dans le monde, et le réseau doit être développé, avec parfois même un caractère urgent à cette nécessité de développement.
  • Les besoins sont très différents en fonction de la géographie et de la géopolitique, et les réponses doivent donc être différenciées (Europe à vocation d’intégration, Afrique subsaharienne, Moyen-Orient, zones de guerres, …).
  • L’effort de la nation sera au moins maintenu, il est soutenu par l’ensemble de la représentation nationale comme une richesse utile à l’ensemble de la Nation, et pas une réponse catégorielle à certains concitoyens. Je le souligne régulièrement, il s’agit de mobiliser des ressources utiles au projet national dans son ensemble, et pas simplement de gérer un guichet de service pour les Français installés dans telle ou telle ville étrangère.
  • C’est non seulement la langue, mais également la qualité de l’enseignement et sa reconnaissance internationale et ses liens avec les mondes académique et économique francophones qui rendent le développement de l’enseignement français à l’étranger nécessaire.

QUELQUES-UNES DE MES CONVICTIONS PERSONNELLES 

  • Le réseau assure correctement sa mission de service public auprès des Français en mobilité internationale. Deux sujets font cependant encore débats : d’une part, le fait que ce service n’est pas gratuit, à de rares mais intéressantes exceptions près ; et d’autre part, le bilinguisme parfois subi comme une contrainte par certaines familles. Mes convictions sont les suivantes :
    • Ce service, même annoncé comme public, ne sera jamais gratuit. Dire le contraire est démagogique et dangereux pour le réseau lui-même. Le droit d’écolage annuel moyen (toutes catégories d’établissement) est aujourd’hui de 5 200 euros. Cela me paraît de l’ordre du raisonnable à deux conditions : qu’au-delà du système de bourses existant, nous puissions effectivement réduire l’exclusion d’enfants français pour des raisons financières (qui doit concerner quelques milliers d’enfant aujourd’hui), et que certaines disparités tarifaires entre établissement soient corrigées.
    • Je suis d’expérience attaché au bilinguisme ou, tout au moins à l’apprentissage intensif de la langue étrangère du pays dans lequel l’enfant vit, même pour quelques années seulement. En effet, les solutions d’école bilingue s’accompagnent d’une part souvent d’un soutien financier conséquent de la part du pays d’accueil, et, d’autre part, je suis convaincu que c’est une énorme chance intellectuelle et d’ouverture sur le monde pour les enfants qui ont l’opportunité d’en profiter. Le confort et l’image d’Epinal d’un réseau qui permet „de passer de la page 55 du manuel à Rio à la page 56 du même manuel à Berlin” ne sont à mon avis ni souhaitables ni adaptés au monde auquel nous devons préparer nos enfants. Ainsi, sur ma circonscription, je soutiens les projets de lycée franco-allemand à Hambourg, de transformation en lycée européen à Varsovie, de lycée francais-allemand à Zagreb.
  • Dans le cadre de sa mission de rayonnement, je trouve que le réseau n’est pas à la hauteur de nos ambitions en général, malgré des situations locales diversifiées. Cela est essentiellement dû, à mon avis, à l’absence de stratégie claire, portée par un encadrement dédié, dans deux domaines aujourd’hui indispensables (qui certes ne l’étaient pas il y a trente ou quarante ans) :
    • Il faut d’une part fixer les objectifs de développement du réseau (combien de nouveaux établissements dans cinq ans, dans dix ans, dans quelles villes, combien de nouveaux élèves, dans quelles classes et quels niveaux dans cinq ans, dans dix ans, dans quelles parties du monde, en s’appuyant sur quels partenaires, quels co-financeurs,…) ; les annonces récentes du Président de la République vont dans le sens de cette ambition et de cette exigence.
    • Il faut d’autre part mettre en place la recherche et la gestion de partenariats : association avec les systèmes éducatifs locaux pour la reconnaissance – au minimum -, et pour la participation aux projets, conventions de réciprocité en France, enseignement multilingue et/ou labellisé dans les systèmes locaux, investisseurs associatifs ou privés (actuellement, ils sont trop souvent ignorés, quand ils ne sont pas dénigrés ou combattus), institutions partenaires au sein de la francophonie, suivi dynamique des conventions signées (elle sont parfois même oubliées au lieu d’être actualisées et renégociées), mutualisation des formations (pour que l’excellence de nos enseignants et formateurs du réseau fasse tache d’huile,…), mutualisation des outils de diffusion,…

Ces deux domaines devraient être à mon avis les deux directions et services majeurs de l’organigramme de l’AEFE.

  • Enfin, je reste convaincu que la troisième mission du réseau, le renforcement des collaborations éducatives avec les services d’enseignement des pays d’accueil, n’est plus assumée aujourd’hui correctement. Cela est dû à mon avis d’une part au manque de coordination systématique avec les différents autres services de l’état (Instituts français, chargés de coopération,) – ce que j’avais appelé dans mon rapport la nécessité de ‘piloter’ notre diplomatie d’influence -, et d’autre part à la gestion homogénéisée et aux a priori concernant le ‘modèle unique’. Le personnel du réseau se sent trop peu concerné au quotidien par ces défis. En vivant dans une bulle franco-française, on tend à faire ‘comme en France’ sans y être.
  • Les objectifs de développement par zone. Il y a trop peu de « plans d’enseignement » établis par pays, sous la responsabilité des ambassades, afin de coordonner une réelle action de rayonnement, d’influence et de service à plusieurs années. Le développement, ou même parfois l’évolution, est trop souvent subie. Par exemple, dans ma circonscription, la présence de l’enseignement français dans les pays des Balkans devrait être stratégiquement pilotée au vu des enjeux qui y sont associés ; ou encore, la définition d’une stratégie spécifique dans les pays du Sahel en accompagnement des efforts de stabilisation (militaires et civils) auxquels notre pays participe. De même, je suis convaincu que des structures beaucoup plus décentralisées et plus inclusives devraient être mises en place pour assurer la participation de tous les acteurs : les parents, les élus des français à l’étranger (participation des conseillers consulaires par exemple), les enseignants, les autres partenaires de la francophonie, les postes diplomatiques (et pas uniquement pour valider les bourses). Ainsi c’est une sorte de « Conseil Consulaire de la francophonie » qui participerait et dynamiserait la destinée de l’enseignement français à l’étranger sur le terrain. La gestion du réseau, et en particulier le Conseil d’Administration de l’AEFE doit aujourd’hui s’adapter à la gestion diversifiée de certains enjeux de l’enseignement français à l’étranger. Dans ma circonscription, je considère comme un indicateur de réussite qu’il y ait des ouvertures d’écoles durant mon mandat, et que le nombre d’élèves scolarisés augmente significativement.
  • L’immobilier : je pense que la gestion immobilière du réseau devrait être isolée et externalisée, avec une différenciation entre les bâtiments dont l’agence est propriétaire, et ceux qu’elle loue. Cela aurait à mon avis trois avantages :
    • Une gestion de la maintenance plus systématique et donc optimisée (aujourd’hui, seuls les gros travaux et les investissements sont centralisés, avec intervention éventuelle des équipes centrales, mais pas la maintenance planifiée ni le contrôle de l’exploitation, ce qui peut apparaître incohérent).
    • Une mutualisation de l’impact des coûts immobilier sur les écolages des familles, au moins pour les établissements gérés directement (il y a des grosses disparités entre villes parfois proches qui se répercutent directement sur les frais d’écolages). Ce système permettrait une péréquation beaucoup plus juste.
    • Une plus grande efficacité pour accompagner les projets de développement et pour optimiser les locaux. Par exemple, dans ma circonscription, la salle Molière à Vienne, l’éventuelle piscine à Budapest, ou le futur (?) établissement secondaire à Tirana mettent en jeu des savoir-faire immobiliers qui ne sont sans doute ni présents, ni même souhaitables, en interne dans le réseau.
  • Les Etablissements en Gestion Directe : je suis absolument favorable au maintien des établissements en gestion directe. Ce sont les navires amiraux de notre rayonnement et de la francophonie. Il y en a cinq dans ma circonscription (Berlin, Munich, Francfort, Prague, et Vienne), en plus des lycées binationaux franco-allemands de Fribourg, Sarrebruck, et l’école primaire de Stuttgart (gratuits). Même si les EGD ne me semblent pas adaptés au développement du réseau face aux besoins énormes que nous connaissons, ils portent l’histoire, l’image de l’excellence et de la qualité de nos dispositifs, et ils doivent en rester les points d’ancrage forts.
  • Les camps de réfugiés, l’éducation en urgence. Je rêve que notre réseau soit reconnu dans par exemple cinq ans, comme LE spécialiste de l’éducation en urgence, dans les camps de réfugiés, dans les situations post catastrophe, et que ce savoir-faire accumulé par notre réseau (qualité pédagogique, mobilité des enseignants et des cadres, engagement interculturels, francophonie, mobilité de nos concitoyens, …) se rende utile à l’un des enjeux majeurs de la planète dans les décennies à venir. C’est un développement un peu particulier, mais c’est un des meilleurs exemple de ce que je crois profondément : les trois raisons d’être du réseau, parfois présentées comme porteuses de contradictions insolubles, peuvent être non seulement réconciliées, mais sources de développement et de remise en route consensuelle, j’ose le mot, entre toutes les parties concernées (Parents français en mobilité, parents étrangers, diplomatie et action extérieure de la France, cadres et enseignants du réseau quel que soit leur statut, partenaires de la francophonie, …etc…).

EN SAVOIR PLUS

Le discours d’Emmanuel MACRON sur la francophonie du 20 mars 2018

Ma première prise de position sur l’AEFE en 2017

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial