Un atout pour la France

Les français établis à l’étranger

Ils sont, nous sommes, plus de trois millions, dont plus d’un million et demi d’électeurs dans les nombreux pays de résidence. Notre sociologie a effectivement beaucoup changé des dernières décennies. Plus de couples mixtes, d’enfants de couples mixtes (mes deux filles, par exemple), de jeunes sans stabilité professionnelle affirmée, de retraités qui sont tombés amoureux d’une autre terre pour leur vieux jours, d’entrepreneurs qui ont trouvé plus opportun de se lancer dans un autre territoire que celui de leur naissance, et qui réussissent. Ils sont aussi et encore des chercheurs ou des sportifs.

Mais tous aiment, en même temps et tout autant, la France et leur vie ailleurs. Le regard qu’ils posent sur notre pays est extrêmement important. Nous parlons d’idées, d’analyses, de comparaisons, de projets, que l’on ne peut pas trouver au cœur du territoire national.

Chacun de ces citoyens français représente un parcours unique, diffuse et participe directement ou non, volontairement (bénévolement même parfois) au rayonnement de notre pays. Je ne conçois pas comment et pourquoi nous devrions être exclus de la représentation nationale, pourquoi nous devrions être exclus de cette grande aventure, unique et historique qu’est notre pays, la France. Je reconnais bien sûr que la forme de cette représentation n’est pas toujours passée par l’idée d’un député. Mais c’est un autre débat.


En septembre dernier, deux journalistes du Monde et de l’Opinion, mettaient en doute l’utilité de l’existence des Député représentant les français établis à l’étranger. L’un sur les réseaux sociaux, l’autre dans un article en ligne. J’avais alors tenu à réagir. Voici ma réponse :  

Je ne suis pas de nature polémiste, j’apprécie et juge nécessaire la contradiction, cela m’a toujours permis de mieux comprendre le monde qui m’entoure. Cette lettre nécessite cependant bien plus que 140 signes et présuppose que ceux qui ne sont pas d’accord avec moi nourriront autant de curiosité, où même de plaisir, j’ose le dire, à la confrontation fructueuse.

Je souhaite commencer par des remarques de forme :

Votre article, Madame Ségaunes, commence par des faits, pénalement répréhensibles, en cours d’investigation, pour lesquels M. El Guerrab a été mis en examen récemment. Ce sont effectivement des faits, mais qui ne peuvent en aucun cas introduire une réflexion sur le sujet qui nous concerne, celui de la représentation nationale. Il est d’ailleurs peu pertinent de les lier aussi directement.

Votre tweet, Monsieur Leparmentier, dans sa concision et son côté « slogan », semble considérer comme simple et de bon sens une question qui a traversé l’Histoire de France et du monde depuis des siècles. Chaque nation, ou Cité, qui s’est tournée vers le monde (vers l’export, dirait-on maintenant) est logiquement traversée par ce débat. Simplifier les problèmes complexes du monde actuel est à la mode, mais je ne l’attendais pas de votre côté.

Réduire la notion de citoyenneté à des questions d’épicerie me semble déplacé, et certainement peu adaptée aux débats forcément elliptiques d’un tweet.

La représentation nationale à mon sens, ne cherche pas prioritairement le bien de ses électeurs, ni le bien des contribuables, mais elle cherche en réalité le bien commun, le bien supérieur, celui qui sert à tous.

Ma seconde remarque concerne les Français établis à l’étranger (et non pas les Français de l’étranger, le raccourcis est un peu tendancieux dans notre cas).

Ils sont, nous sommes, plus de trois millions, dont plus d’un million et demi d’électeurs dans les nombreux pays de résidence. Notre sociologie a effectivement beaucoup changé des dernières décennies. Plus de couples mixtes, d’enfants de couples mixtes (mes deux filles, par exemple), de jeunes sans stabilité professionnelle affirmée, de retraités qui sont tombés amoureux d’une autre terre pour leur vieux jours, d’entrepreneurs qui ont trouvé plus opportun de se lancer dans un autre territoire que celui de leur naissance, et qui réussissent. Ils sont aussi et encore des chercheurs ou des sportifs.

Mais tous aiment, en même temps et tout autant, la France et leur vie ailleurs. Le regard qu’ils posent sur notre pays est extrêmement important. Nous parlons d’idées, d’analyses, de comparaisons, de projets, que l’on ne peut pas trouver au cœur du territoire national.

Chacun de ces citoyens français représente un parcours unique, diffuse et participe directement ou non, volontairement (bénévolement même parfois) au rayonnement de notre pays. Je ne conçois pas comment et pourquoi nous devrions être exclus de la représentation nationale, pourquoi nous devrions être exclus de cette grande aventure, unique et historique qu’est notre pays, la France. Je reconnais bien sûr que la forme de cette représentation n’est pas toujours passée par l’idée d’un député. Mais c’est un autre débat.

Ma troisième remarque enfin, concerne plus spécifiquement les bi-nationaux.

Madame Ségaunes, vous semblez supposer qu’ils seraient des proies faciles à manipuler par les agents de l’étranger. Agents qui sont forcément, semblez-vous sous-entendre, des ennemis en puissance.

Vous avez tout à fait raison.

Au même titre qu’un député avocat risque d’être une proie facile à manipuler par ses anciens clients, qu’un député régionaliste par des séparatistes, qu’un député syndicalistes par ses anciens collègues, la liste est infinie. Et un député de métropole pourrait même être manipulé par des bi-nationaux installés en France !

La droiture et la sincérité de l’engagement politique, leur difficulté, leurs dangers, ne sont pas l’apanage des députés représentant les Français établis à l’étranger : cela touche chaque citoyen, même les journalistes…

Notre nation peut se tromper, peut être trompée, qu’elle élise ou pas des députés qui vivent hors de son territoire. C’est le monde, tel qu’il se fait, qui nous imposent à tous le grand écart, il est inévitable.

Ce sont les électeurs qui tranchent, qui doivent se former, s’informer, contrôler, questionner, et cela sans doute en plus de 140 signes Monsieur Leparmentier, et peut-être pas dans la colonne des faits divers, comme vous semblez le suggérer Madame Ségaunes.

Je suis et reste à votre disposition, car le sujet me passionne. Non seulement parce qu’il est l’essence même de mon mandat et de mon action, mais aussi parce qu’il mérite que l’on puisse l’approfondir.

Lien vers l’article et le tweet :

http://www.lopinion.fr/edition/politique/deputes-francais-l-etranger-l-art-grand-ecart-133488?0=