Mieux me connaître

Vous avez été président d’un syndicat avant d’avoir 18 ans ?

Oui, c’est vrai, mais ce n’était pas une très grosse responsabilité. Avec l’aide de Jean Toussaint et de son épouse, j’ai fondé une section dans le quartier de Bellecroix, affiliée à la Confédération Syndicale de Cadre de Vie (ex APF). Il s’agissait d’organiser la vie sociale dans un quartier HLM, d’aider les habitants dans leur démarches administratives, et à participer à la vie sociale. J’ai d’ailleurs partagé cet engagement avec Hanifa Salem-Guermiti, devenue bien plus tard conseillère municipale de Metz…

Quel poste avez-vous joué au rugby ? A quel niveau avez-vous évolué ?

Je jouais en troisième ligne, aile ou centre, au Rugby Club de Metz, de 1984 à 1991. J’ai souvent été capitaine de l’équipe première. Nous évoluions en haut de tableau de la troisième division nationale et le bas de tableau de la deuxième division nationale (le rugby n’était pas encore professionnalisé, il fallait payer pour jouer, et il n’y avait pas de Top 14 et de Pro D2, mais trois grosses division nationales).

Pour la petite histoire, j’ai joué avec Tonio Parra, le père de l’actuel demi de mêlée international, qui est aujourd’hui toujours entraîneur au RC Metz.

Où avez-vous vécu au Cameroun ? Qu’y avez-vous fait ?

Dans le cadre de mon Service National, j’ai été mis à disposition de la Compagnie Française des Fibres Textiles, dans le poste de brousse de Kaélé, dans le nord Cameroun, de septembre 1982 à janvier 1984. Je m’y suis occupé de tâches diverses, pour l’essentiel répétiteur des enfants d’expatriés, et responsable du stock de l’usine (qui fabriquait de l’huile à partir des coques de coton…).

Pour la petite histoire encore, j’ai demandé à me faire rembourser mon voyage retour en avion, pour rentrer « par voie de surface », en auto-stop… Déjà hors-piste !

Votre parcours est hétérogène, quels ont été exactement vos statuts successifs ?

A Borny, j’étais salarié du Comité de Gestion des Centres Sociaux, au poste de Directeur. Au Centre Interculturel de Bévoye également. Pour Dalkia (ex Compagnie Générale de Chauffe), j’ai été salarié comme adjoint au chef d’agence à mes débuts, puis expatrié en Lituanie et en Pologne. Pour Onyx Polska, j’ai opté pour un statut local : j’étais président du directoire d’Onyx Polska et de ses filiales. Les périodes où je travaille à mon compte sont sauf exceptions effectuées sous statut de portage salarial. Pour Consolis, j’ai été expatrié en Egypte, et ensuite détaché en Pologne, avec des mandats sociaux dans les différents pays dont j’étais responsable.

Votre formation est également éclectique…

Quand je prends la responsabilité des Centres Sociaux de Borny, j’ai conscience des risques que je prends et de mon jeune âge. L’Université de Metz proposant à cette époque des cursus pour étudiants salariés, c’est-à-dire ayant vraiment une activité professionnelle, je décide de m’y engager. Je suis célibataire, je passe énormément de temps dans mon quartier chaud, et l’engagement dans des études, sanctionnées d’examens, contribue aussi quelque part à mon équilibre d’homme et à une forme d’éveil intellectuel et d’ouverture d’esprit. J’étudie successivement l’histoire, la gestion des entreprises et des administrations, et les lettres (en « cours du soir », comme l’on disait populairement, bien que les cours avaient parfois lieu en journée…). Quand je décide de revenir à mes rails d’ingénieur, je suis admis sur concours et validation des acquis à l’ENSGSI (de l’INPL), et je réussis en 1998 le Diplôme des Hautes Etudes Technologiques en Environnement (formation en partie dispensée par l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie, également membre de l’INPL). En 2016, je réussis la première partie de ma formation de médiateur à la CNPM, et je suis en cours de validation de la deuxième partie (200 heures) à l’IHEMN d’Aix en Provence, théoriquement sanctionné par un examen universitaire à l’Université de Nîmes en septembre 2017. Pour la petite histoire, mon mémoire porte sur une comparaison entre différents types de médiation en Pologne et en France.

Ce parcours de formation est un peu atypique en France. Mais il est à l’image de ce qu’a été ma vie.

Avez-vous réellement été élu maire de Maizery ?

Non, j’ai été « maire par accident ».

J’ai été élu au conseil municipal du petit village de Maizery (moins de 100 électeurs à l’époque) sur la liste d’André Rossi en 1995. Je suis devenu son adjoint à l’issue de l’élection. Je l’ai soutenu du mieux que je pouvais (mon engagement était totalement bénévole) pendant le mandat dans des situations parfois rocambolesques, les relations entre les habitants du village étaient très conflictuelles. André Rossi est décédé accidentellement, et j’ai alors fait fonction de maire jusqu’à la fin de la mandature tout en préparant une jeune femme (Alexandra Barbas) à devenir maire lors de l’élection de 2001. En effet, j’ai déménagé à cette époque de Maizery. Je ne tire aucune gloire de cette expérience, elle montre comme d’autres de mes expériences mon intérêt pour la vie de la cité depuis de longues années. Lors de cette campagne, mon équipe ou moi-même, avons parfois utilisé par simplification le terme de maire, il est exact de dire que j’ai fait office de maire et que je me suis investi pendant 6 ans dans la vie de Maizery.

Qu’avez-vous fait exactement au Parlement polonais ?

Quand j’étais président du Directoire d’Onyx Polska, j’ai été élu à la tête du Syndicat National des Employeurs des Métiers des Déchets par mes pairs. A ce titre, je participais régulièrement à la commission Environnement du Parlement polonais (la Sejm), qui, sous la pression du droit européen devait refonder complètement la législation sur la gestion des déchets.

Pour la petite histoire, c’est dans ce cadre qu’on m’a fait le plus beau compliment sur mon polonais. Une traductrice officielle m’a confié un jour après un petit échange bilingue autour d’un café : « vous parlez très bien français ! ».

Quelles étaient vos missions en Ukraine ?

J’ai réalisé des audits techniques et financiers sur des réseaux de chaleur pour une société de Marseille qui s’implantait dans le pays (qui y est toujours d’ailleurs), et j’ai aidé des mines de Lougansk à planifier le captage et la valorisation du méthane (le grisou) pour exporter des crédits carbone.

Que faisiez-vous en Egypte ? Comment avez-vous vécu le Printemps Arabe ?

J’étais Directeur Exécutif de la société ECPC, filiale à 60% du groupe Consolis, et à 40% de l’Etat Egyptien par l’intermédiaire de la société Stigwarth. Nous fabriquions des produits en béton préfabriqués, à haute valeur ajoutée (segments de tunnel pour le métro, tuyaux pression pour les centrales électriques ou les transferts d’eau,…). Le projet initial était de développer la filiale pour qu’elle devienne une base pour le Moyen Orient, mais les transformations politiques de janvier-février 2011 ont bien entendu changé la donne.

Cette société a traversé la crise de façon stable pour le contexte, a toujours été bénéficiaire, et a repris depuis son développement, évidemment dans des conditions très particulières au niveau de la sécurité des personnels, ainsi qu’au niveau des rapports avec l’actionnaire minoritaire.

Vous êtes médiateur. Pouvez-vous nous préciser de quoi il s’agit ?

C’est l’une des Méthodes Alternatives de Règlement des Différends reconnues en France, par l’Union européenne en particulier depuis la Directive de 2008, et également sur le plan international.