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Les blablacrates et l’écologie.

La séquence surréaliste sur la loi d’urgence agricole m’a mis en colère !

Non, trois fois non : le texte voté lundi dernier ne réintroduit pas les pesticides en France ! Ceux-ci restent toujours complètement interdits. C’est le texte dans sa version sortie du Sénat qui réautorisait des « exceptions » par « décret ». Pour cette raison, et pour beaucoup d’autres, ce texte issu du Sénat était dangereux, et impossible à voter dans sa version précédente.

Dans la semaine précédant le vote, tous les batteurs d’estrade, les collectionneurs de votespour la prochaine élection (sénatoriale par exemple), ou les obsédés du sondage, ont tapé sur ce texte pour les uns, et l’ont défendu pour les autres, à coup de grandes phrases bien rôdées.

Mon groupe Les Démocrates étions également plus que critiques, mais, convaincus également des urgences, nous avons décidé que nous serions représentés à la Commission Mixte Paritaire (CMP) du lundi matin 20 juillet (quelques heures avant le vote) par Marc Fesneau, notre président, justement afin de montrer aux sénateurs présents que leur copie était inadmissible, et d’y mettre clairement des lignes rouges (en particulier sur le sujet des phytosanitaires, que la version du Sénat réintroduisait de façon non seulement large, mais surtout très floue ; ou le sujet des usages de l’eau, les sujets de prédations…etc…).

Parlant d’alimentation, la seule chose que cette version complètement transformée n’a pas pu faire, c’est que les sénateurs mangent officiellement leur chapeau.

Par exemple, dans le texte écrit le lundi matin, et donc finalement accepté par les sénateurs, la proposition du Sénat de réintroduire deux produits phytosanitaires sous forme d’autorisation d’exception par décret, a été écartée : alors que certains sénateurs avaient même pensé à liquider l’ANSES (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, ces scientifiques même qui alertent sur la dangerosité de ces produits), le texte de la CMP retire cette possibilité : le gouvernement ou le préfet n’a plus la possibilité d’autoriser ces exceptions (détails dans mon explication complète de vote ici).

Mais toutes les critiques avaient déjà été préparées, diffusées, les banderoles étaient peintes, même les banderoles numériques sur les réseaux sociaux, ce « texte » avait déjà été jugé avant d’être écrit, il fallait voter contre, sinon, nous étions des « méchants » et « des empoisonneurs », voire des traitres à notre nation, on n’allait pas s’enquiquiner avec une CMP conclusive…

Et la méconnaissance des institutions, pour les uns, la recherche éhontée de surfer sur les émotions à la pêche aux voix, pour les autres, la paresse intellectuelle pour d’autres encore, ont tout simplement passé le vrai texte disponible le lundi midi par pertes et profits : il est beaucoup plus confortable de crier avec les loups, beaucoup plus tactique de s’opposer « fermement » à deux mois d’une élection, et beaucoup plus juteux de diffuser de la querellesur les plateaux et les réseaux.

La transition environnementale de notre agriculture s’accomplit lentement, c’est normal et nécessaire. Qui pensait que les betteraviers pouvaient se passer de néonicotinoïdes et replanter des haies il y a cinq ans ? Les uns disaient « impossible, laissons-les continuer ! » ; les autres « interdisons tout, et tout de suite » ; mais tous boivent du Coca-Cola à la buvette (donc du sucre, donc des betteraves…).

Et pourtant, nous l’avons mis en place, cette transition des betteraviers, patiemment, sans grande loi et sans milliards, simplement en associant, expliquant, accompagnant.

Je crois profondément que notre nation est sage, et qu’elle va retomber sur ses pieds, sur une fraternité, calme, capable d’affronter réellement les défis, et que les choix politiques qui en découleront seront les bons.

Ce n’est pas gagné, mais en attendant, je ne peux faire que mon travail ; rien que mon travail, mais tout mon travail, dont font partie le vote de textes qui me paraissent bons indépendamment des cris de la foule.

Il faut donc résister à la blablacratie, en particulier pour la transition écologique.

Marc Bloch, célébré récemment et cher à beaucoup d’entre nous, écrivait : « il est dangereux d’enseigner les mots, au lieu d’enseigner les choses ! »

Bon été à tous ! Démocrate pèlerin, je serai pour ma part à nouveau en vadrouille…

Votre Député

Je me suis engagé en politique pour rendre ce qu’on m’a donné. Je suis né en Provence, ai grandi en Lorraine. Aujourd’hui encore, ces deux territoires continuent d’exercer sur moi leur empreinte. Mais ma vie personnelle et professionnelle (entrepreneur dans le public et le privé) est surtout marquée par les voyages et la rencontre avec l’autre (Cameroun, SaarLorLux, Lituanie, Pologne, Egypte, Europe centrale et Balkans). Contrairement à la violence ou l’isolement qui sont mortifères, le conflit est nécessaire à la vie. C’est pourquoi j’ai souhaité me former à la médiation. C’est elle qui constitue le fil rouge de tout mon parcours de vie et professionnel.

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Député des Français établis à l’étranger.

Allemagne, Europe centrale, Balkans

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