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Je reviens d’un déplacement de six jours du 30 août au 4 septembre en Ukraine et en Moldavie, aux côtés d’une délégation de huit députés du groupe Les Démocrates. De Chișinău à Kyiv, en passant par Fastiv et Drohobycz, nous avons voulu voir, entendre et comprendre, au plus près du terrain, ce que vivent depuis plus de quatre ans de guerre nos partenaires ukrainiens, mais aussi moldaves avec la menace russe à leurs portes. Ce déplacement m’a permis de mesurer, dans un même mouvement, la résistance d’un peuple ukrainien qui refuse de plier, et la trajectoire résolument européenne d’une Moldavie qui, malgré les pressions et les ingérences, avance vite et sans détour vers l’Union européenne.

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À Lviv, la journée a commencé par la minute de silence observée chaque matin à 9 heures sur tout le territoire ukrainien : piétons, voitures, bus, tout s’arrête pour honorer les morts et les blessés. Nous l’avons vécue à l’hôpital Unbroken où militaires et civils amputés sont soignés ensemble. Le personnel médical nous a alertés sur l’évolution des blessures, avec un nombre croissant de doubles amputations des avant-bras associées à la cécité, séquelles du réflexe de protection du visage lors d’attaques de drones.

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À Drohobytch, le maire nous a présenté une ville de 125 000 habitants où 6 000 administrés servent dans l’armée, 300 sont morts et 250 portés disparus. Son message a été direct : « Tenez face à la propagande moscovite. » Malgré trente attaques subies, la commune poursuit son autonomisation énergétique en vue de l’hiver et revendique une gestion locale sans attendre les instructions de Kyiv.

À Fastiv, avec Carole Guillerm et Blandine Brocard, nous avons été dans une école où les élèves apprennent le français. Le moment fut d’autant plus fort que ces enfants récitaient dans notre langue, dans une ville dont la gare venait d’être bombardée trois nuits durant. Que le français continue d’y être enseigné en dit long sur ce que ce pays refuse d’abandonner. La découverte du centre « Les Ailes de l’espoir », qui accompagne 180 enfants en situation de handicap, et de l’hôpital local financé notamment par une entreprise française, illustre un modèle de résilience à observer de près. Nous avons pu, par visioconférence avec notre collègue Philippe Vigier, finaliser le jumelage entre Fastiv et Châteaudun. Sur la gare historique de Fastiv, où fut signé en 1918 l’accord d’union des deux républiques ukrainiennes, la municipalité nous a adressé la demande qu’Alstom aide à la reconstruction des ateliers ferroviaires.

À Kyiv, nous avons rencontré Vitaliy Bezgin, ministre des Communautés, des Territoires et des Personnes déplacées, et échangé au Parlement ukrainien. À Odessa, la visite du centre Superhumans, dédié aux blessés de guerre, restera l’un des moments les plus marquants.

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Notre étape moldave a confirmé combien la relation entre Paris et Chișinău s’est resserrée, et combien les réformes engagées par ce pays méritent d’être soutenues sans réserve. À l’Ambassade de France, où s’est tenu notre déjeuner, on nous a rappelé que la visite de la présidente Maia Sandu à Paris en mars 2024 avait donné lieu à un nouvel accord de coopération de défense. Au lycée Gheorghe Asachi, vaisseau amiral d’un réseau francophone que la France soutient depuis vingt-cinq ans, plus de 3 750 élèves moldaves suivent un enseignement renforcé en français. À Meltin Factory, nous avons vu l’orientation agroalimentaire de l’économie moldave se tourner résolument vers le marché européen, dans la continuité de la conférence d’investissement UE-Moldavie de juin 2026, qui a mobilisé 641 millions d’euros. Enfin, au Parlement moldave, présidé par Igor Grosu, la victoire nette des pro-européens aux élections de septembre 2025 est venue confirmer, après un référendum sur l’adhésion à l’Union remporté de justesse en 2024 face à une ingérence russe massive, que ce pays a fait un choix de fond et qu’il le tient.

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Ce déplacement confirme ce que je répète depuis le début de cette guerre : le soutien de la France à l’Ukraine doit être indéfectible, dans la durée, sur tous les terrains, et c’est ce que nous avons porté collectivement avec le groupe Les Démocrates.

Je veux aussi réaffirmer combien le projet de Sky Shield me tient à cœur. Les frappes aériennes russes contre les villes et les infrastructures civiles ukrainiennes ne faiblissent pas, elles s’intensifient. Fermer le ciel ukrainien, protéger les civils, c’est une nécessité humanitaire autant que stratégique. Je suis donc particulièrement heureux de voir mes collègues démocrates me rejoindre dans ce combat, et je continuerai à porter ce projet avec détermination, parce que chaque vie civile épargnée compte. Je continuerai de défendre cet engagement à l’Assemblée nationale.

De ce déplacement, je retiens la force et la dignité du peuple ukrainien, et je retiens tout autant la détermination du peuple moldave à ancrer durablement son pays dans l’Europe, réforme après réforme, malgré les tentatives de déstabilisation. C’est l’urgence, pour la France et l’Europe, de rester pleinement mobilisées auprès de ces deux nations. L’avenir de l’Ukraine et de la Moldavie nous concerne profondément. Leur sécurité et leur reconstruction concernent l’Europe parce que l’Ukraine et la Moldavie, c’est l’Europe. Nous sommes dans la même communauté de destin. Ne lâchons rien.

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Votre Député

Je me suis engagé en politique pour rendre ce qu’on m’a donné. Je suis né en Provence, ai grandi en Lorraine. Aujourd’hui encore, ces deux territoires continuent d’exercer sur moi leur empreinte. Mais ma vie personnelle et professionnelle (entrepreneur dans le public et le privé) est surtout marquée par les voyages et la rencontre avec l’autre (Cameroun, SaarLorLux, Lituanie, Pologne, Egypte, Europe centrale et Balkans). Contrairement à la violence ou l’isolement qui sont mortifères, le conflit est nécessaire à la vie. C’est pourquoi j’ai souhaité me former à la médiation. C’est elle qui constitue le fil rouge de tout mon parcours de vie et professionnel.

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Député des Français établis à l’étranger.

Allemagne, Europe centrale, Balkans

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