Près de dix ans après ma première nomination comme rapporteur pour avis du programme budgétaire 185 “Diplomatie culturelle et d’influence”, je me réjouis des progrès accomplis pour structurer une diplomatie culturelle et d’influence plus cohérente. Dans un contexte budgétaire toujours contraint, le projet de loi de finances pour 2027 nous invite à poursuivre cet effort en concentrant nos moyens sur les actions les plus efficaces au service de nos priorités diplomatiques.
Cette année, j’ai choisi de consacrer la partie thématique de mon rapport à la diplomatie académique et scientifique, un levier essentiel de l’attractivité et de l’influence de la France. Dans un contexte de concurrence internationale accrue pour attirer les étudiants, les chercheurs et les talents, notre pays dispose d’atouts importants : la qualité de son enseignement supérieur et de sa recherche, la reconnaissance internationale de ses établissements et la force de son réseau scientifique. La France accueille aujourd’hui plus de 443 500 étudiants étrangers. Il nous faut désormais consolider cette dynamique, diversifier les origines géographiques des étudiants accueillis et mieux articuler notre politique d’attractivité avec nos priorités scientifiques, économiques et diplomatiques.
Attirer les talents ne suffit pas : encore faut-il leur donner les moyens de réussir leur séjour en France et de prolonger les liens noués avec notre pays. Mon rapport souligne ainsi la nécessité de poursuivre les efforts de simplification des démarches administratives, d’améliorer la coordination entre les établissements d’enseignement supérieur et les services chargés de la délivrance des visas, et de renforcer les conditions d’accueil des étudiants internationaux. Les difficultés d’accès au logement, les délais de renouvellement des titres de séjour et les situations de précarité peuvent fragiliser l’expérience étudiante et, à terme, nuire à notre attractivité. Le suivi des anciens étudiants internationaux constitue également un enjeu stratégique pour entretenir durablement les réseaux de coopération et d’influence français.
Enfin, cette diplomatie académique ne peut être dissociée du soutien à l’internationalisation de notre recherche. La France peut s’appuyer sur un réseau scientifique à l’étranger dense et sur des structures de recherche qui contribuent à la diffusion de son expertise et au développement de coopérations de long terme. Il importe de mieux articuler ces instruments avec notre stratégie d’attractivité universitaire, afin de renforcer les synergies entre accueil des étudiants, formation des futurs chercheurs et rayonnement de la recherche française.
Au-delà de ces enjeux, le rapport revient également sur la soutenabilité du modèle économique de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). La stabilité de sa subvention pour 2027 ne saurait suffire à répondre aux difficultés structurelles de l’agence. La réforme de son modèle économique doit donc se poursuivre, avec un objectif clair : préserver la qualité et l’accessibilité de l’enseignement français à l’étranger, tout en assurant la viabilité financière du réseau et en renforçant son pilotage stratégique.
La diplomatie culturelle, éducative et scientifique n’est pas un simple complément de notre action extérieure. Elle contribue directement à la présence de la France dans le monde, à la construction de partenariats durables et à notre capacité à faire entendre notre voix. Dans un environnement international de plus en plus concurrentiel, l’enjeu est de préserver nos instruments d’influence, de mieux les coordonner et de les mobiliser au service d’une stratégie de long terme.
C’est une question essentielle que je traiterai notamment dans le cadre de la mission gouvernementale qui m’a été confiée par le Premier ministre, relatif à la promotion des récits et la présence française à l’étranger.





