Action sur page accueilParlementPositionsPropositions de loi relatives aux soins palliatifs et au droit à l’aide à mourir : mon explication de vote – juin 2026

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À l’issue de 15 jours de débats, l’Assemblée nationale devrait adopter définitivement, lors d’un vote solennel, mardi 30 juillet 2026, la loi sur le droit à l’aide à mourir. Ce texte éminemment sensible a fait à nouveau l’objet d’un débat serein et de qualité dont je me réjouis.

Explication de vote

Comme pendant les lectures précédentes, je voterai contre ce texte.

J’affirme cependant que :

  • La loi, telle qu’elle sort de l’hémicycle, ne donne aucun droit à personne de tuer qui que ce soit ;
  • Les garde-fous, augmentés et débattus en séance (ce qui est déclaré « au banc » compte, même si ce n’est pas dans la loi) sont solides ; ils ne permettent ni de dévoyer la loi et d’en faire une loi autorisant le meurtre, ni n’ouvrent la voie à une civilisation de la mort et de l’eugénisme.
  • Je reconnais enfin la difficulté actuelle d’exprimer sa compassion envers ceux qui souffrent de façon inexorable ainsi que celle d’assumer leur responsabilité pour certains médecins, soignants, proches, quand la demande est insistante, virulente, légitime.

D’où vient ma décision de voter contre ce texte ?

Je pense que la solution à ces situations ne relève pas de la loi de la nation. Ces décisions ont trait à l’intime, aux convictions profondes de chacun d’entre nous. Je ne suis pas convaincu que la loi doive interdire ou permettre le choix, quel qu’il soit, des personnes confrontées à cette question vertigineuse. J’aurais été favorable à ce que le texte propose une « dépénalisation », comme le faisait d’ailleurs la loi Veil, plutôt que la création d’un droit opposable.

D’ailleurs, les situations dont nous parlons et dont j’ai moi-même fait l’expérience dans ma vie à quelques reprises, n’auraient en rien été transformées par le fait que cette loi ait déjà été votée ou pas.

J’ai tout à fait conscience qu’avec ce vote, je ne réponds pas à ceux, et ils sont nombreux, je le sais, qui souhaitaient que le législateur les accompagne dans ce devoir de compassion et de responsabilités contradictoires. Je pense cependant que la réponse doit préserver le caractère intime de la discussion avec soi-même, de la discussion familiale, le caractère à tout le moins confidentiel d’un professionnel avec son patient ; et de respecter ce que chaque personne concernée a de plus précieux : sa liberté et sa responsabilité personnelles.

À travers mes votes, j’ai essayé de prendre une décision de législateur, dans l’intérêt supérieur de la nation, en faisant abstraction de mes choix philosophiques et spirituels. Je continue à penser, peut-être simplement à espérer, que je ne serai jamais amené à renier une vie que l’on m’a donnée, dont je suis responsable mais non propriétaire.

J’ai également conscience que beaucoup de mes concitoyens n’ont pas les mêmes convictions que moi, et que je légifère aussi pour eux. Personnellement, cette loi ne m’offre pas de « droit nouveau » puisque je refuserai de l’utiliser. En revanche, elle ne réduit pas ma liberté de conscience.

Votre Député

Je me suis engagé en politique pour rendre ce qu’on m’a donné. Je suis né en Provence, ai grandi en Lorraine. Aujourd’hui encore, ces deux territoires continuent d’exercer sur moi leur empreinte. Mais ma vie personnelle et professionnelle (entrepreneur dans le public et le privé) est surtout marquée par les voyages et la rencontre avec l’autre (Cameroun, SaarLorLux, Lituanie, Pologne, Egypte, Europe centrale et Balkans). Contrairement à la violence ou l’isolement qui sont mortifères, le conflit est nécessaire à la vie. C’est pourquoi j’ai souhaité me former à la médiation. C’est elle qui constitue le fil rouge de tout mon parcours de vie et professionnel.

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Député des Français établis à l’étranger.

Allemagne, Europe centrale, Balkans

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